Depuis l’atelier · N° 03
Les meilleurs bois pour un gode en bois
Noyer, olivier, padouk, érable, ébène : les bois que nous tournons, pourquoi nous les avons choisis et ce que nous avons appris en travaillant chacun d’eux.
Une belle planche ne fait pas forcément un bon gode. Au fil des années, nous avons tourné beaucoup d’essences, et nous avons réduit notre collection à cinq bois en qui nous avons entièrement confiance. Chacun est chaleureux au toucher et élégant à regarder, et comme nous tournons chaque pièce à la main dans sa propre ébauche, jamais deux pièces ne partagent le même grain.
Ce que nous recherchons
- La densité. Les bois plus durs résistent mieux aux bosses et acceptent un poli plus fin.
- La stabilité. Le bois ne doit ni bouger ni se fissurer avec l’humidité des saisons, parce que c’est le mouvement qui rompt un scellement.
- Un grain serré qui se ponce lisse et se scelle uniformément.
Les duretés ci-dessous sont des valeurs Janka de référence publiées. Elles varient selon l’endroit et la manière dont l’arbre a poussé : considérez-les comme un repère, pas comme une spécification.
Noyer (~1 010 lbf)
Le noyer est le bois que nous recommanderions à quiconque apprend à tourner. Il se coupe proprement, se ponce magnifiquement et ne bouge presque plus une fois sec. Sous une finition brillante, ses tons chocolat et son figuré naturel prennent vraiment vie. C’est le bois de notre classique de tous les jours, le Arc.
Érable dur (~1 450 lbf)
Pâle, régulier et à grain serré, presque sans pores visibles. D’après notre expérience, c’est l’un des bois les plus faciles à sceller sans défaut, et c’est exactement pour cela que nous l’avons choisi pour notre modèle idéal pour débuter, le Dawn.
Padouk (~1 700–1 900 lbf)
Fraîchement coupé, le padouk est d’un orange-rouge saisissant qui fonce avec le temps vers un cramoisi chaleureux. Il est dur, stable et se tourne bien. Nous portons systématiquement un masque respiratoire pour le poncer, car sa poussière est un irritant connu. Une fois scellé, c’est lui qui donne sa couleur au Ember.
Olivier (~2 700 lbf)
Très dense et naturellement huileux, avec un grain tourbillonnant et sauvage. L’olivier est superbe, mais c’est aussi le bois qui nous a le plus appris la patience : il adore se fendre en séchant, alors nous sommes extrêmement exigeants sur le bois brut. Nous lui avons consacré tout un article : Le bois d’olivier : beauté et défis.
Ébène (~3 000+ lbf)
Parmi les bois les plus denses au monde. Il se polit presque comme un miroir et se sent bien consistant en main. Il est aussi rare, lent à travailler et coûteux. C’est pourquoi le Nocturne se trouve au sommet de notre gamme.
Ce que nous n’utilisons pas
Nous n’utilisons pas de bois tendres ou à pores ouverts (pin, chêne, frêne), ni de bois échauffé, tendre ou spongieux, ni aucune ébauche présentant des nœuds, des fissures ou un figuré instable traversant la tige.